L’hygiène naturelle infantile (HNI) ou comment se passer de couches

Pour les parents que nous sommes, répondre aux besoins élémentaires de nos bébés est une évidence. Chaque jour, nous nourrissons notre enfant, lui offrons les conditions d’un bon sommeil et d’un développement serein, prenons soin de sa santé et de son bien-être…et lui mettons des couches culottes pour qu’il y fasse ses besoins. Une évidence pour beaucoup.

Pourtant, dans le monde, 60 % des bébés ne portent pas de couches jetables, ou même lavables. Et pas forcément dans les pays les plus pauvres comme on pourrait l’imaginer. En effet, nombre de parents pratiquent l’hygiène naturelle infantile. L’HNI pour les initiés. Une pratique qui repose sur la communication avec son bébé pour l’élimination naturelle de ses urines et selles.

Car oui, un bébé peut nous dire quand il a besoin de faire pipi ou caca, au même titre qu’il sait le faire quand il a faim, soif, sommeil, quand il souffre ou veut être cajolé. Alors certes, la méthode a des détracteurs mais elle se veut avant tout bienveillante, basée sur l’attention portée à l’enfant et une bonne d’ose d’intuition parentale.

C’est quoi au juste l’hygiène naturelle infantile ?

Lors d’un voyage ou dans un documentaire, vous avez certainement déjà vu ces mères, un bébé sur le dos, vaquer à leurs occupations quotidiennes. Parce qu’elles sont en relation étroite avec leur enfant, elles sentent ses mouvements intestinaux, prémices du petit pipi ou de la plus grosse envie. Et elles savent anticiper pour soulager leur enfant. L’HNI, c’est le même principe sauf que vous n’êtes pas obligée de faire peau à peau avec votre enfant 24 heures sur 24.

Une méthode basée sur la communication avec bébé

L’hygiène naturelle infantile peut s’appliquer dès les premiers ou mois après la naissance. Et consiste tout simplement à bannir les couches culottes. Comment me direz-vous ?

Tout simplement en apprenant à repérer les signaux émis par un enfant, des signaux qu’un parent saura détecter.

Et Margot, maman de deux enfants de 5 ans et 4 mois, adepte de l’HNI, d’expliquer : « Chaque fois qu’un bébé veut faire pipi ou caca, il fait une mimique ou des gestes particuliers, peut s’agiter ou au contraire s’immobiliser, émet un grognement, a un regard appuyé…En se montrant attentive à chaque « signe » de mon aîné et puis de mon nouveau né, (des signes différents d’un enfant à un autre, qu’un parent va presque intuitivement comprendre), on est réactif. Et on peut mettre son enfant dans une position accroupie qui favorise le relâchement du corps soit dans un pot adapté, soit au dessus d’un lavabo.

Si on nomme l’HNI « élimination-communication », c’est bien pour prouver que finalement tout passe par la relation avec son enfant ». Et puis, au fur et à mesure, un parent va détecter des « habitudes », des moments clés où le pipi et le caca sont urgents. « Chaque maman peut aussi faire des petits sons comme psss pour le pipi, un grognement pour le caca. Ça devient vite un rituel ».

Alors, certes, la méthode demande une grande disponibilité de tous les instants pour son enfant. Une maman qui travaille, qui doit s’absenter souvent, ne pourra pas mener à bien cette méthode. Il faut aussi beaucoup de bienveillance car les petits accidents sont toujours possibles. Dans certaines situations, une maladie par exemple, les couches ne sont pas interdites bien évidemment. Et plus on commence tôt, mieux c’est. Mais pas avant 2 mois.

Plus de liberté pour votre enfant

Sans couches, un enfant gagne en liberté de mouvements. C’est une évidence puisque rien n’entrave sa motricité. Il ne reste pas pour autant nu comme un ver. Un simple lange tenu par une ceinture pourra suffire en été. Ou bien des grenouillères sans jambes avec un bas élastique, des pantalons chinois, fendus à l’entrejambe…

L’autre avantage de l’HNI réside aussi dans le confort pour bébé. Plus d’érythème fessier ou de rougeurs, moins de coliques, soulagées par une position physiologique plus naturelle pour éliminer.

Certains diraient même que la continence est acquise plus rapidement. Enfin, l’argument écologique voire financier pourrait convaincre les plus réticents.

Car des réticents, il y en a. Margot en a croisé quelques-uns sur sa route de maman : « Beaucoup s’imaginent que l’on force nos bébés à être propres plus tôt. Mais ce n’est pas du tout l’objectif.

L’idée est surtout de répondre aux besoins naturels de bébé d’éliminer dans une position confortable. Et surtout de ne pas être souillé dans ses couches qui macèrent, ce qui doit être très désagréable.Et c’est vrai qu’un enfant ayant été élevé avec ce principe de maternage proximal sera « propre » plus rapidement car il a l’habitude de maîtriser son sphincter mais là n’est pas l’essentiel. Le plus magique c’est la communication que tu établis avec ton enfant ».

L’HNI tout le temps, partout ?

Alors certes le principe a des contraintes. Et il est toujours possible de mettre des couches. « Pour ma petite Lou, c’est un peu plus compliqué. Alors, je mets des couches lavables. Mais dès que je peux, je la laisse libre et elle aime plutôt ça » . Dans certaines circonstances, un voyage en voiture, une balade en ville en poussette, une visite chez les grands-parents, les choses peuvent se compliquer. La couche devient indispensable.

Apprendre l'hygiène infantile à son enfant

Et puis, il y a ces moments où l’on confie son enfant à une nounou. Et Margot de conclure : « Personnellement, j’ai eu de la chance. J’ai fait appel à une nounou à domicile pour mon enfant de 4 ans qui n’a jamais porté de couches. Les baby-sitters de Kangourou Kids Nantes sont sensibilisés à ces sujets et ma nounou prend la relève dans mes principes d’éducation en mon absence ».